j’ai « meuh » la « lait »cture

Archive pour la catégorie 'poesies'

Demain dès l’aube (Victor Hugo)

Posté : 2 avril, 2009 @ 6:48 dans poesies | 23 commentaires »

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Tristes, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

demaindslaube.jpg

Victor Hugo (1802-1885) rédigea ce poème des Contemplations à la mort de sa fille Léopoldine qui se noya avec son mari. L’amour paternel empreint dans le texte me touche particulièrement. Le poète nous montre que quelque soit l’âge de ses enfants, la douleur de leur perte est toujours intense. Je ne peux pas rester insensible au côté pathétique du texte. On assiste, en effet, durant la lecture du poème, à une « mise à mort » brutale de cette femme avec l’apparition de la tombe comme dernière image du poème. Malgré tout, cette image mortifère se mêle à la vie avec le « bouquet de houx et de bruyère en fleur ». Victor Hugo termine donc son texte sur une touche d’espoir symbolisée de plus par la couleur verte.

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Saltimbanques (Guillaume Apollinaire)

Posté : 11 mars, 2009 @ 4:21 dans poesies | 7 commentaires »

Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L’ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage

saltimbanques.jpg

Guillaume Apollinaire (1880-1918) rédige ce poème, issu du recueil Alcools, sur les saltimbanques, les gens du voyage, les nomades. Les baladins vont dans les « auberges grises » et les « villages sans églises », lieux tristes, pour leur apporter un peu d’espérance, celle-ci est aussi apportée par les enfants qui accompagnent le cortège. Ce thème de la mobilité, de la fuite est propre aux saltimbanques car ils ne font que passer. Ce poème me parle beaucoup car j’ai une véritable passion pour le cirque, je pratique la jonglerie depuis plusieurs années J’aime cette idée que la jonglerie apporte de la joie aux gens.

cirques004.gif

Tant que mes yeux (Louise Labé)

Posté : 5 mars, 2009 @ 8:00 dans poesies | 5 commentaires »

Tant que mes yeux pourront larmes épandre,
A l’heur passé avec toi regretter ;
Et qu’aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;
Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth pour tes grâces chanter,
Tant que l’esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre ;
Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée et ma main impuissante,
Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d’amante,
Prierai la Mort noircir mon plus clair jour.

tantquemesyeux.jpg dessin fait à la main par ma soeur et moi

Louise Labé (1526-1566) poète de la renaissance, faisant partie du Cercle des Poètes Lyonnais, surnommée la Belle Cordière, renverse dans ce sonnet, tirée du recueil Sonnets, les conventions amoureuses puisqu’il s’agit ici de poésie érotique, genre strictement réservé aux hommes à cette époque. De ce fait je me sens donc plus proche de ce texte, véritable ode à l’amour. Ce poème me touche beaucoup, on sent combien Louise Labé souffre de la séparation d’avec son bien aimé. Elle arrive au travers de ses vers à faire ressentir toute la douleur que peut éprouver une femme lorsque son compagnon la quitte. Louise Labé reprend ici le thème de la souffrance dans la passion.

Je te donne ces vers (Charles Baudelaire)

Posté : 4 mars, 2009 @ 12:46 dans poesies | 1 commentaire »

Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favorisé par un grand aquilon,

Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu’un tympanon,
Et par un fraternel et mystique chaînon
Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;

Etre maudit à qui, de l’abîme profond
Jusqu’au plus haut du ciel, rien, hors de moi, ne répond !
-O toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,

Foules d’un pied léger et d’un regard serein
Les stupides mortels qui t’ont jugée amère,
Statue aux yeux de jais, grand ange au front d’airain !

jetedonnecesvers1.jpg dessin fait à la main par ma soeur et moi

Charles Baudelaire (1821-1867) dédia ce sonnet des Fleurs du Mal à sa maîtresse Jeanne Duval. Il reprend ici le thème ronsardien du don du poème à l’être aimé. A l’inverse des poètes de la Renaissance, il la décrit à travers ses défauts. La figure féminine du poème reste à l’état « d’ombre à la trace éphémère ». Baudelaire échoue, en effet, dans l’immortalisation de Jeanne Duval car on ne sait pratiquement rien de cette femme dont le nom véritable est incertain. J’aime particulièrement la façon dont le poète fait jaillir la figure de la poésie à travers ses vers. Baudelaire, en dandy qu’il était, a, en effet, inséré un petit « miroir » dans chacun de ses poèmes pour qu’ils puissent s’y refléter.

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