j’ai « meuh » la « lait »cture

Nuit & Brouillard (Jean Ferrat)

Classé dans : chansons,Messages,résistance/déportation — 13 mai, 2009 @ 16:35

ATTENTION AMES SENSIBLES S’ABSTENIR

Image de prévisualisation YouTube
merci à bdnrgs pour cette vidéo

 

Avec ma soeur, nous avons voulu rendre « hommage » à ce qu’à vécu notre grand-père paternel. Agé aujourd’hui de 88 ans, il vit avec le souvenir omniprésent de sa déportation. En effet, notre grand-père était résistant durant la Seconde Guerre Mondiale. Pour avoir lutté pour la liberté de son pays, il a été déporté à Dachau. Il en est revenu vivant mais marqué à jamais. Aussi, cette vidéo ainsi que le Chant des Marais nous touche énormément et rend hommage à tous ceux qui ont vécu ces atrocités.

Le texte de Jean Ferrat nous touche tout particulièrement car, par hasard, le prénom de notre grand-père y est cité (1:17).

Pour tous ceux qui ne peuvent pas regarder cette vidéo, comme moi, voici le texte de la chanson.

 

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Ils s’appelaient Jean- Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours
Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire
Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?
L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été
Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

 

Voici le dernier article  paru dans le journal Ouest-France du 09/05/09 où mon grand-père témoigne sur ce qu’il a vécu.

Pour mieux lire, cliquez sur la photo…

ouestfrance0905091.jpg

5 commentaires »

  1. lefildariane dit :

    ce texte véhicule un message tellement fort avec des images poignantes qui vous sautent aux yeux… Je suis d’accord avec Jean Ferrat pour dire qu’il faut continuer à témoigner, à dire ce qui s’est passé durant cette guerre « où l’homme n’a jamais été aussi proche de rivaliser avec l’enfer »…

    Dernière publication sur Le fil d'Ariane : Voyage au Pays imaginaire (2)

  2. lunebleue dit :

    Ferrat est un des mes 3 chanteurs préférés,
    cette chanson me noue toujours la gorge.
    Bonne continuation pour vos études !

    Nouvelle, je venais présenter mon blog
    espérant des avis
    Cordialement
    Lunebleue

  3. Pierre dit :

    Bonjour,
    C’es sans doute une des chansons de Jean FERRAT qui restera dans l’histoire. Cette chanson a été écrite en mémoire de tous les déportés en général et en particulier pour son père qui fut emmené dans les camps par la police française et qui mourut dans les camps. Nul ne guérit de son enfance a acrit plus tard jean FERRAT, qui raconte dans cette chanson, le traumatisme d’enfant.
    amicalement
    Pierre

  4. martin jeanine dit :

    je suis en deuil depuis hiers je ne sais que dire de plus…

  5. Geneviève dit :

    Je connaissais quelqu’un qui habitait à côté de ce village.
    Martin Jeanine, si tu me lis.
    J’aimais beaucoup ce chanteur aussi, il était de notre génération.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Entre deux nuages |
Lectures d'haabir |
Dans le Jardin des mots |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les Chansons de Cyril Baudouin
| Malicantour
| elfes, fées, gobelins...